17 mars 2011

"Nous sommes sous le regard des victimes"

De Kenzaburô Ôé, prix Nobel de littérature. .. "Ce désastre conjugue de manière dramatique deux phénomènes : la vulnérabilité du Japon aux séismes et le risque présenté par l'énergie nucléaire. La première est une réalité à laquelle le pays est confronté depuis la nuit des temps. Le second, qui risque d'être encore plus catastrophique que le séisme et le tsunami, est l'oeuvre de l'homme. Que le Japon a-t-il retenu de la tragique expérience d'Hiroshima ? ...

Plus de soixante ans après sa défaite, le Japon semble avoir oublié les engagements qu'il avait pris alors : pacifisme. ... Et de fait, le Japon a progressivement reconstitué une force armée tandis que les accords secrets avec les Etats-Unis ont permis d'introduire des armes atomiques dans l'Archipel, vidant de leur sens les trois principes antinucléaires officiellement affichés. Cela ne veut pas dire pour autant que l'on négligeait les idéaux des hommes de l'après-guerre. Les Japonais avaient conservé la mémoire des souffrances du conflit et des bombardements nucléaires. Les morts qui nous regardaient nous obligeaient à respecter ces idéaux. Le souvenir des victimes d'Hiroshima et de Nagasaki nous a empêchés de relativiser le caractère pernicieux des armes nucléaires au nom du réalisme politique. Nous nous y opposons. Et en même temps, nous acceptons le réarmement de fait et l'alliance militaire avec les Etats-Unis. Là réside toute l'ambiguïté du Japon contemporain. .." http://toutsurlachine.blogspot.com/2011/03/kenzaburo-oe-nous-sommes-sous-le-regard.html

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Vous pouvez apporter votre commentaires ou infos supplémentaires